
Messe dominicale : Dimanche 9h
À l'intérieur des terres, au sein d'une région vallonnée, est située la paroisse de Sainte-Agnès, un des plus vieux noyaux de colonisation de l'est charlevoisien. Exception faite de la faible concentration de l'habitat qui s'observe autour de l'église, il est difficile d'y voir une véritable agglomération puisque la plupart des maisons sont plutôt clairsemées sur le territoire.
Cette municipalité est cependant pourvue d'un témoin du passé qui recèle quantité de trésors historiques et architecturaux inestimables: une église paroissiale d'une grande simplicité qui fut classée monument historique en 1960. Erigée depuis 1844, cette structure faite entièrement de bois constitue le temple le plus ancien restant dans tout le comté de Charlevoix.
Initialement, l'église devait être plus grande et construite en pierres. Mais, à la suite de problèmes d'ordre économique découlant de mauvaises récoltes et de la précarité de ressources financières des habitants, c'est le bois qui a remplacé la pierre comme matériau de construction. Les plans de conception de cette église proviennent de Thomas Baillargé, dont l'emprise sur l'architecture religieuse des paroisses rurales a prédominé de 1820 il 1850. Thomas Baillargé s'est largement inspiré du modèle de l'ancienne église de La Malbaie, aujourd'hui disparue, pour l'élaboration des plans de celle de Sainte-Agnès. Sa voûte, sa corniche, ses bancs et son aménagement intérieur reflètent encore l'esprit qui animait le vieux temple malbéen. Avec l'aide de la population qui participa aux travaux, il fallût cinq ans avant qu'elle soit complètement achevée. La décoration intérieure de l'église est originale et n'a subi que peu de transformations.
La première caractéristique qui frappe lorsqu’on entre en ces lieux, c'est les
rangées de bancs qui sont toujours encaissées comme à l'ancienne. En face, dans
le chœur, on dénote la présence d'une chaire surélevée comprenant un petit
escalier. Le maître-autel, au centre-arrière du chœur, est d'une grande beauté.
Il adopte, en effet, la forme d'une cathédrale présentant certaines similitudes
avec la basilique Saint-Pierre-de-Rome. De chaque côté prennent place deux
autels latéraux, l'un pour Saint-Joseph, l'autre pour la Vierge Marie.
L'ensemble des autels ornant l'église de Sainte-Agnès est l'œuvre des frères
Villeneuve, une famille de sculpteurs de Saint-Romuald, près de Québec. L'église
comprend également trois chefs-d’œuvre du portraitiste Antoine Plamondon, datés
de 1874. De part et d'autre des transepts, tournés vers le chœur, on relève, à
droite, une toile de la visite du Sacré-Coeur à Marie Alacquoque, et à gauche,
une scène de l'apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous, à Lourdes. Enfin,
une toile représentant Sainte-Agnès, patronne de la paroisse, domine la nef,
juste au-dessus du maître-autel. Il y a aussi le jubé qui mérite d'être
mentionné puisqu'il recouvre, presqu'à lui seul, la moitié de la nef. Construit
en 1850, le jubé fut allongé en 1878.
Une légende concerne cette église. En raison de la grande piété de sa population, l'église abriterait une crypte dans ses fondations où des paroissiens, à raison d'un par famille, se seraient fait enterrer directement sous l'emplacement de leur banc à la suite de leur décès.
Vue de l'extérieur, cette église est bien spécifique. En effet, elle tourne le dos à son village. Presque à cheval sur la me, elle possède sur sa gauche un très vieux cimetière adjacent. L'architecture de ce bâtiment demeure quand même assez complexe, surtout en raison de sa toiture passablement tourmentée.